Lean Startup : échouer pour réussir

le 26 octobre 2017, par Philippe Blayo

Après l’échec d’une startup, comment réussir la suivante ? Le parcours récent de Nicolas Deverge (coach et praticien en Lean Startup) m’a parut si éclairant sur cette question que je détaille nos conversations pédestres du Walking Dev de Toulouse.

De la vertu de l’abandon ?

Après l’échec de son précédent produit, plutôt que de s’entêter, il a choisi de tester une autre idée. Un tel renoncement est plus facile quand on ne cherche pas à gagner sa vie avec. La différence entre la génèse des deux produits est contre-intuitive :

  • Résoudre un problème (échec)
  • Tester une idée (réussite)

Résoudre un problème

Le premier produit KEYS MAG.NET permettait de retrouver des clés perdues :

Vous avez trouvé des clés ? Saisissez le code afin de contacter le propriétaire

  • une plaquette accrochée au porte clef indiquait “Clés trouvées ? Saisir le code {codeDeLaClé} sur www.keysmag.net”
  • un passant signalait avoir retrouvé les clés dans 70% des cas

On partait d’un problème à résoudre, auquel le fondateur avait lui-même été confronté. C’est l’idée de l’appli qui fait un job à ma place (retrouver mes clefs). La solution résolvait le problème avec un appréciable taux de succès de 70%. Le problème lui-même ne semblait néanmoins suffisamment douloureux que pour une sous-population : les parents d’adolescents qui perdent leur clefs. Cela m’a rappelé une formation en coaching où une personne accompagnée disait que son fils adolescent venait de perdre ses clefs pour la troisième fois.

Cette sous-population s’est avérée trop réduite.

Tester une idée

Pour le second produit, TeamMood celui qui va s’avèrer une réussite, le point de départ est l’envie de tester des idées.

Partant du constat d’un artefact qui fonctionnait mal au milieu d’un open space, l’idée d’essayer un service anonyme a émergée.

Commencer sans code

Commencer sans investissement conséquent en terme de code est un atout. La vente de chaussures en ligne en constitue un bon exemple. Il fût un temps où l’on pensait que vendre des chaussures en ligne était impossible car tout le monde voudrait essayer les chaussures avant de les acheter. Un des premiers vendeurs en ligne a donc commencé par prendre des photos de chaussures dans les magasins autour de chez lui. Quand une commande lui était faite en ligne, il se rendait dans le magasin pour acheter la paire et il envoyait le colis.

En 2013, Nicolas a testé sa proposition de valeur avec une simple page web statique : un champ de pré-inscription et seulement quelques heures de travail. Un taux d’engagement de plus de 15% a validé son concept.

Un simple mail

Le courriel envoyé par le service de Niko Niko en ligne Le principe : demander tous les soirs à chaque membre d’une équipe comment s’est passée sa journée avec une note de 1 à 5 et un commentaire optionnel. C’est cette pratique qui est souvent appelée “Niko Niko” de Niko - sourire en japonais - ou encore feeling board.

Une valeur hors d’internet

Visibles par toute l’équipe, les réponses déclenchent des conversations à la machine à café le lendemain matin. Cela m’a rappelé airbnb où l’essentiel de l’expérience utilisateur se situe également en dehors du site.

Le succès a été rapide : triplement du chiffre d’affaire la deuxième année et atteinte de la rentabilité. Le modèle économique ? Facturer 1 Euro par membre d’équipe. Il y a aujourd’hui plus d’une centaine de clients, principalement des manageurs et des coachs.

International dès le premier jour

C’est un conseil que j’ai entendu martelé en hackathon pour lancer sa startup : “Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, c’est qu’il faut penser global dès le premier jour”.

Après des premiers clients issus des cercles de connaissances et du bouche à oreille, des clients hors de France sont arrivés en cherchant “team mood” dans un moteur de recherche. Le nom du site s’avère un atout par rapport à la concurrence :

  • MoodPanda n’est pas aussi évocateur, je ne me souviens jamais si Mood est avant Panda ou après.
  • NikoNiko l’est beaucoup plus, mais une chaine de restaurant japonais porte le même nom.

La présence d’une concurrence pourrait faire peur mais c’est en fait plutôt bon signe : c’est qu’il y a un marché. Ce qui ne signifie pas qu’il y ait de la place pour tous les acteurs : un concurrent américain et un concurrent anglais ont mis la clef sous la porte en décembre 2016 après avoir échoué à lever des fonds.

Chat as a service

S’appuyer sur des services facturés à l’usage aide à se concentrer sur le produit : hébergement sur Heroku et intégration d’Intercom comme chat en ligne personnalisé. Cette personnalisation permet d’envoyer un mail quand le fondateur est occupé : “Je reviens vers vous dès que possible”. Les clients Australiens et Néo-Zélandais patientent ainsi jusqu’au matin Français.

Mesurer la satisfaction client

Sur une note de 1 à 10, recommanderiez-vous notre service ? Cette mesure, appelée taux de recommandation, suffit pour évaluer la satisfaction client :

  • 1-6 : insatisfait (va bientôt partir)
  • 7-8 : neutre.
  • 9-10 : ambassadeur (va promouvoir le service) C’est grâce à cet indicateur que Nicolas a par exemple sollicité un client dans la catégorie 9-10 pour répondre sur twitter à un internaute qui demandait quel site choisir.

Dire merci pour les bugs

Une autre pratique de Nicolas, c’est de remercier pour chaque bug découvert : “merci d’avoir pris le temps d’ouvrir ce bug ça permettra d’améliorer le service pour tous les autres utilisateurs également.”

Je devrais essayer sur les projets open sources auxquels je contribue, comme sur aioimaplib où j’ai tendance à me dire “il faut que je pousse rapidement pour montrer qu’on est réactif… on va peut-être gagner une étoile sur github”. C’est moi qui reçoit des remerciements.

Je pourrais remercier d’avoir ouvert un ticket et ajouter que l’amélioration bénéficiera à tout le monde. A voir à l’usage si cette pratique s’avère pertinente auprès d’une population de développeurs.

L’itinérance en conférence

Cet article poursuit la série sur la valeur de l’itinérance pour augmenter les découvertes lors des conférences. Toutes ces conversations n’auraient pas été aussi approfondies sans ce caractère itinérant de la journée Walking Dev.

Walking Dev

le 13 octobre 2017, par Philippe Blayo

Le cloitre des Jacobins à ToulouseC’est à la conférence Nomad Open que j’ai entendu parlé de Walking Dev : une conférence open space qui comme son nom l’indique se déroule en marchant. Aucun lien avec la série télévisée américaine “the walking dead”, mais la similitude m’a fait retenir le nom.

Amazon DynamoDB, comment ça marche ?

le 27 septembre 2017, par Jean-Philippe Caruana

Amazon a publié un SDK Java qui permet d’interagir avec tous les services AWS, y compris DynamoDB. Regardons un peu comment tout cela fonctionne.

Le nomadisme numérique

le 18 septembre 2017, par Philippe Blayo

L’agriculture aurait rendu l’homme sédentaire. A l’avènement d’internet des voix ont prédit que des formes de nomadismes reviendraient.

L'écoconception, qu'est-ce que c'est ?

le 14 septembre 2017, par Bruno Thomas

Il y a un an environ, j’ai débuté un projet d’entreprise avec deux amis associés. Ils voulaient intégrer une démarche éco-responsable dans la construction d’un service en ligne pour classer automatiquement leurs mails dans des dossiers dématérialisés. Comme je n’étais pas réfractaire au principe de l’écologie, et à dire vrai que je n’en avais presque pas entendu parler pour l’IT, j’ai essayé de me renseigner sur l’écoconception logicielle et de l’appliquer pour l’architecture du site.

L'événementiel c'est écologique

le 30 décembre 2016, par Bruno Thomas

Pour faire suite à une mini série sur l’écoconception, je voulais partager un remaniement récent de transformation d’un polling web en push serveur (avec une websocket), et les conséquences en terme d’utilisation de bande passante.

La facilitation graphique dans la revue et le planning du sprint

le 13 décembre 2016, par David Boissier

L’équipe dans laquelle je suis a adopté le cadre SCRUM pour son mode de fonctionnement. Les rituels classiques tels que la réunion du matin et l’indéboulonnable trio revue/rétrospective/planning est appliqué scrupuleusement.

Une migration vers ES6 et un pas de plus en écoconception

le 6 décembre 2016, par Bruno Thomas

Actuellement je travaille sur un site web en mode SaaS pour travailleurs indépendants et professions libérales. Comme le javascript n’était pas ma tasse de thé, j’avais négligé cet aspect, en accumulant le minimum de code (backbone/semantic-ui) dans de petits fichiers qui commençaient à grossir. Conscient de cette dette technique qui s’y accumulait, il y a une dixaine de jours je suis allé aux Javascript Les 10 Doigts Dedans (ou JSLDD pour les intimes) afin de rencontrer des férus du JS qui pourraient me faire aimer un peu mieux le JS et prendre soin de cet aspect incontournable du site.